Randonnée, bivouac et alpage: partager la montagne en 2026
2026, année du pastoralisme : comprendre les paysages que l’on traverse
En 2026, les Nations unies mettent à l’honneur les parcours et les éleveurs pastoraux à l’échelle mondiale. L’objectif n’est pas symbolique : il s’agit de rappeler le rôle stratégique du pastoralisme face aux grands défis contemporains.
Le pastoralisme concerne des millions de personnes dans le monde. Il repose sur l’élevage extensif et la mobilité des troupeaux sur de vastes espaces naturels souvent fragiles : montagnes, steppes, zones arides. Ces territoires ne sont pas des marges inutiles ; ils représentent une part importante des surfaces terrestres et jouent un rôle écologique majeur.
Cette reconnaissance internationale vise d’abord à souligner que le pastoralisme contribue directement à la sécurité alimentaire, à la préservation de la biodiversité, à l’entretien des paysages, à la régulation des écosystèmes et à l’adaptation au changement climatique.
Enfin, cette initiative encourage la mobilisation des acteurs scientifiques, institutionnels et territoriaux pour mieux comprendre ces systèmes, accompagner leur adaptation et sensibiliser le grand public.
Les alpages : des espaces de travail avant tout
Les vastes prairies d’altitude que l’on photographie sous tous les angles ne sont pas des décors. Ce sont des exploitations agricoles saisonnières. L’herbe y est précieuse, les clôtures sont utiles, les passages sont organisés.
Randonner en alpage, c’est accepter d’entrer dans un espace productif. Chaque barrière refermée, chaque détour pour éviter un troupeau participe à l’équilibre fragile entre activité agricole, biodiversité et tourisme. Aux Sources du lac d’Annecy, cette cohabitation est quotidienne de mai à septembre.
Troupeaux, bergers, chiens de protection : qui fait vivre la montagne ?
Derrière les silhouettes paisibles des vaches ou des chèvres se cache toute une organisation. Les bergers et éleveurs montent en estive plusieurs mois par an. Ils veillent aux bêtes, entretiennent les pâturages et contribuent à maintenir des paysages ouverts.
La présence de chiens de protection – souvent des patous – n’est pas anecdotique. Ils ne sont ni des animaux de compagnie ni des menaces gratuites : ils protègent les troupeaux. Leur comportement peut impressionner, mais il répond à une mission précise. Comprendre cela, c’est déjà mieux randonner.
Portraits d’alpagistes aux Sources du lac d’Annecy
À l’alpage de la Combe, Marie et Stéphane perpétuent un savoir-faire hérité de leurs familles d’agriculteurs. Le geste est sûr, l’engagement total, la passion intacte. Leur quotidien s’écrit au rythme des troupeaux, des saisons et des caprices de la montagne.
À l’alpage de l’Eau Froide, Bernard suit la même ligne de crête : celle de la transmission. Issu lui aussi d’un ancrage agricole fort, il incarne une génération qui conjugue tradition et adaptation permanente.
Ces femmes et ces hommes nous rappellent que le pastoralisme n’est pas une carte postale figée. C’est une activité économique bien réelle, exigeante, qui structure les paysages, entretient les milieux et façonne l’identité des Sources du lac d’Annecy.
Le Parc naturel régional du Massif des Bauges, dont une partie des Sources du lac d’Annecy fait partie, accompagne cette dynamique et propose régulièrement des temps d’échange pour mieux comprendre les enjeux agricoles en montagne. Vous retrouverez notamment très bientôt la programmation des Renc’arts qui, pour certains, mettront à l’honneur les alpages.
2) Comment ne pas se faire mordre en randonnée ? Les bons réflexes.
La cohabitation fonctionne à condition que chacun adopte les bons comportements.
Adapter son itinéraire aux zones pastorales
Avant de partir, informez-vous sur la présence éventuelle de troupeaux. En période d’estive, de mai à septembre, certains secteurs sont particulièrement investis.
Choisir un itinéraire adapté, tenir compte de la signalétique en place et accepter de modifier légèrement son tracé sont des marques de respect simples, mais essentielles.
Face aux troupeaux et aux chiens de protection
L’objectif n’est pas d’entrer en interaction, mais de signaler que vous êtes un simple passant. Il n’est pas dressé pour être agressif mais il est éduqué pour être dissuasif.
Quelques principes de base :
✅ Ralentir à l’approche d’un troupeau
✅ Descendre de vélo ou ranger ses bâtons le cas échéant
✅ Garder ses distances et contourner largement le troupeau si possible et sans vous mettre en danger (>20 mètres, sortez du chemin si le troupeau est sur le sentier)
En arrivant à proximité de son troupeau, le chien de protection peut s’approcher de vous, jusqu’à vous sentir, parfois en aboyant :
✅ Arrêtez-vous
✅ Restez calme, parlez-lui calmement sans crier
✅ Laissez-lui le temps de vous identifier (reniflements…)
✅ Éloignez-vous calmement sans courir
❌ Ne lui faites pas face mais positionnez-vous de profil
❌ Ne le regardez pas dans les yeux
❌ Évitez les gestes brusques
❌ Ne le menacez pas avec un bâton ou une pierre
Randonner comme acte conscient
La randonnée n’est pas qu’un loisir. C’est aussi un acte d’usage du territoire. Respecter les sentiers balisés, ne pas couper les lacets, ne pas cueillir systématiquement, redescendre ses déchets : ces gestes simples limitent l’érosion, préservent les écosystèmes et maintiennent la qualité paysagère. Marcher devient alors un engagement discret mais réel.
3) Où bivouaquer aux Sources du lac d’Annecy ? On fait le point
Le bivouac séduit par sa promesse de liberté. Il reste cependant encadré, notamment dans le périmètre du Parc naturel régional du Massif des Bauges.
Le principe du bivouac discret
Dans les Bauges, le bivouac est toléré sous conditions :
-Installation tardive (en général après 19 h)
-Démontage tôt le matin (avant 9 h)
-Une seule nuit au même endroit
-Pas de feu
-Impact minimal sur le sol et la végétation
Il ne s’agit pas de camper, mais de passer la nuit.
⛔ Attention, certains secteurs identifiés sur les Sources du lac d’Annecy sont strictement interdits au bivouac, feux et camping sauvage : vous les retrouverez ici.
Il s’agit notamment de la réserve nationale de Chasse et de Faune sauvage des Bauges créée en 1955 pour freiner le déclin drastique des populations de chamois. Véritable laboratoire à ciel ouvert, étendue sur 5200 hectares, elle abrite alpages, forêts et sommets rocheux, riches en biodiversité. Elle est aujourd’hui reconnue internationalement pour ses recherches sur les ongulés de montagne (chamois, mouflon, cerf) et son modèle de gestion cynégétique. (source : Parc Naturel Régional du Massif des Bauges)
Le marais de Giez et la réserve naturelle du Bout du lac sont également concernées par ces interdictions de bivouaquer.
Les aires de bivouac aménagées et refuges non gardés
Certains refuges non gardés peuvent constituer des points d’étape pertinents. Ils permettent de limiter l’impact en concentrant la fréquentation sur des sites déjà identifiés. Vous retrouverez la carte et les infos ici.
Sur le secteur des Sources du lac d’Annecy, il n’existe pas d’aire de bivouac aménagée pour le moment. Cependant, vous trouverez des aires dans le Parc Naturel Régional du Massif des Bauges, l’aire de la Place à Baban à Aillon-le-Jeune par exemple.
Enfin, l’alpage de la Combe accepte les nuits en tente à côté du refuge, sur réservation. Vous pouvez profiter de votre nuit sur place pour déguster leurs produits locaux.
S’entourer pour mieux comprendre : le rôle des accompagnateurs en montagne
Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, les accompagnateurs en montagne du territoire jouent un rôle clé. Ils transmettent les codes, expliquent les milieux traversés, décryptent les paysages.
Une sortie encadrée permet souvent de changer de regard : on ne voit plus seulement un panorama, mais un système vivant, complexe, interdépendant.
Tourisme responsable : un équilibre à cultiver
Aux Sources du lac d’Annecy, randonnée, pastoralisme et bivouac ne s’opposent pas. Ils coexistent. À condition que chacun connaisse sa place.
2026, année du pastoralisme, nous rappelle une évidence : la montagne n’est ni un parc d’attractions ni un sanctuaire figé. C’est un territoire habité, travaillé, partagé.
Randonner et bivouaquer ici, c’est accepter cette réalité. C’est marcher avec attention. Dormir avec discrétion. Et repartir en laissant derrière soi un paysage intact, prêt à accueillir les suivants.